La fructification s’effectue en deux stades : c’est le vrai fruit, ou noix de cajou, qui se dĂ©veloppe en premier lieu. Ce n’est que lorsque cette noix a atteint son volume maximum (en 30-35 jours), que le pĂ©doncule, jusque lĂ normal, se dĂ©veloppe considĂ©rablement et très rapidement, devenant charnu et se transformant ainsi en une « pomme » cajou, tandis que la noix, perdant de l’humiditĂ©, diminue de volume et durcit. Le fruit est exploitĂ© et utilisĂ© pour l’alimentation mais c’est surtout sa noix qui prĂ©sente un intĂ©rĂŞt particulier.
Le fruit de l’anacardier offre donc un aspect inhabituel : la pomme prĂ©sente une grande diversitĂ© de couleur puisqu’elle peut passer du jaune au rouge selon la variĂ©tĂ© cultivĂ©e, la noix ressemble Ă un appendice placĂ© sous la pomme.
Les noix sortent de l’ordinaire : elles sont rĂ©niformes, de 3 Ă 5cm de long et de 2 Ă 3,5cm de large selon la variĂ©tĂ©.
Les noix sont rĂ©coltĂ©es quand les « pommes » ; tombent au sol puis sont mises Ă sĂ©cher pendant quelques jours. La partie extĂ©rieure de la coque est spongieuse, contrairement Ă la partie intĂ©rieure qui est très dure et adhère Ă l’amande. Ces particularitĂ©s rendent très difficile l’obtention des amandes par des techniques de broyage classiques. Il faut donc les ouvrir Ă la main en frappant Ă petits coups un endroit bien prĂ©cis de la coque externe pour amorcer une petite fente, et l’Ă©largir ensuite avec prĂ©cautions. Une lĂ©gère torrĂ©faction facilite l’opĂ©ration. Cette manipulation se fait presque exclusivement en Inde pour la production mondiale de noix de cajou. Elle est rĂ©alisĂ©e par des centaines de femmes qui se protègent les mains avec des gants ou tout autre moyen, car la coque externe du cajou contient un liquide extrĂ©mement corrosif : le CSL (Cashew Shell Liquid). Ce produit (appelĂ© baume cajou en Afrique) est une rĂ©sine phĂ©nolique contenant 90% d’acide anacardique et prĂ©sentant des propriĂ©tĂ©s uniques. Il est très utilisĂ© dans la fabrication d’Ă©lĂ©ments de friction (freins, embrayages), l’industrie de revĂ©tements spĂ©ciaux (peintures marines vernis, matières plastiques…) et des insecticides. Une ouvrière peut obtenir en moyenne 6 Ă 12kg d’amandes (les « noix » que nous mangeons Ă l’apĂ©ritif) par jour Ă partir d’une quarantaine de kilos de noix.


